11 février 2014
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 Mysterious Skin de Gregg Araki

Ce week-end, j'ai enfin regardé Mysterious Skin qui m'avait été conseillé par Anna .

Interdit au moins de 16 ans, Mysterious Skin raconte l'histoire de Brian qui, à l'âge de 8 ans, se réveille dans la cave familiale sans savoir ce qu'il lui est arrivé. Progressivement persuadé qu'il a été enlevé par des extraterrestres, Brian tente de découvrir ce qu'il lui est réellement arrivé. Pour cela, il recherche Neil, avec qui il jouait au baseball, enfant. Neil, jeune homosexuel prostitué, a toujours été attiré par les hommes d'âge mûr. Initié très jeune au sexe par son entraîneur de baseball, il va révéler à Brian leur secret commun.

Soyons clairs, parlons vrai, tu n'es pas une bécasse et, à partir d'ici, tu te doutes que le secret de Brian n'a rien avoir avec les petits hommes verts. Mysterious Skin traite du sujet difficile de la pédophilie sans tomber dans le cliché nauséeux ni dans la psychologie à 2 balles. Les scènes sont excessivement esthétiques, ce qui, à mon sens, permet d'installer une distance avec la gravité des faits. Araki montre le glauque et le trash tout au long du film mais d'une façon très poétique, sans voyeurisme. Cela génère un étrange côté dérangeant.

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Le parallélisme entre les histoires de Brian et de Neil qui vivent les abus dont ils ont été victimes complètement différemment ajoute évidemment un malaise à la narration. D'un côté, Neil semble presque une victime consentante, complice de son agresseur. Au départ, j'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire du côté suggéré par Araki. J'avais presque l'impression que le cinéaste faisait l'apologie de la pédophilie... Par la suite, on découvre la vie de Neil, devenu un jeune homme, drogué, prostitué, violé... Une descente aux enfers aussi brutale que les sévices dont il fut victime. De l'autre côté, Brian se réfugie dans le déni... Quasi asexué, sorte de grand échalas à l'air benêt, garçon à sa maman... Brian a refoulé ses souvenirs et il se les prend en pleine face suite à sa rencontre avec Neil. Tout au long du film, j'ai d'ailleurs trouvé à Neil une sorte de détachement et de froideur qui éclatent lorsqu'il est amené à raconter à Brian ce que leur coach sportif leur a fait. A ce moment, enfin, il devient humain... Autour, des 2 garçons, on retrouve des adultes complètement inconséquents qui a force d'oeillères refusent de voir le drame vécu par leurs enfants.

Pédophilie, homosexualité, SIDA, enfance sacrifiée... que du lourd ! et pourtant, je suis incapable de dire si j'ai aimé ou non Mysterious Skin .

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