06 avril 2015
 

 Défis d'Agoaye : ce jour-là, j'ai pleuré de joie... [ou pas...]

Je pourrais te dire que j'ai pleuré de joie le jour de mon mariage... Mais en fait non... Mon mari m'a quittée un an après... On s'est marié pour de mauvaises raisons, pourtant on s'aimait... Depuis, rassure-toi, on est devenu pote... Enfin, toujours est-il que ce jour-là, je n'ai pas versé une larme...

Je pourrais te dire que j'ai pleuré le jour de la naissance de la poulette... Mais en fait non... Le géniteur m'avait accompagnée pour faire genre... Il m'avait quittée quatre mois plus tôt pour une Russe à peine majeure... Bref, depuis, je me suis réconciliée avec la Russie... 

(J'ouvre une parenthèse : ma vie sentimentale a souvent été intense) (très intense) (au moins, je ne m'embête pas et j'aurais des trucs à raconter aux petits enfants quand je serai vieille et ridée comme pomme trop mûre) (fin de la parenthèse).

Je pourrais te dire que j'ai pleuré de joie quand l'Administration a reconnu le travail titanesque (parfaitement) que j'ai fourni pendant plus de 2 ans... Mais en fait non... L'Administration n'avait plus un balle et mon travail n'a pas (vraiment) été reconnu... De là à dire que j'ai bossé pour rien... On me dit que non mais dans un monde où seul le résultat compte, j'ai tendance à penser que si...

Je cherche d'autres moments de joie intense : la première fois que j'ai traversé le pont de Normandie, quand le barbare m'a offert un chou fleur, lorsque les Diables rouges gagnent un match, quand je mange un merveilleux, devant les fontaines du Bellagio, en plein orgasme... Mais mes yeux sont restés désepérément secs. 

J'en arrive donc au cruel et douloureux constat que je ne pleure pas de joie.

D'ailleurs, pourquoi, diantre, est-ce que je pleurerais quand je suis en joie ? Y a pas de raison valable ! Je pleure devant l'injustice, je pleure quand je suis triste (Si, si, je te jure...), aux enterrements (Ça dépend de qui, note), devant la TV (Je te conseille vivement Love Story, c'est très bien comme film pour pleurer)... J'ai même pleuré en lisant La plage d'Ostende (La première fois... Les fois d'après faut croire que j'avais récupéré un coeur de pierre ^^)... Quand j'étais enceinte, je pleurais pour un oui pour un non... Mais pas de joie... Parfois, quand je suis fatiguée, je pleure aussi... Ou quand j'ai (trop) honte... Ou mal, ou peur... Bref, je pleure beaucoup, tu l'auras noté. 

Jamais de joie... 

Sauf une fois... (Je regarde beaucoup de série américaines... Je SAIS provoquer le suspens chez mes lecteurs ^^)

Lorsque nous sommes allé à Eurodisney avec la poulette, après une journée éreintante, on s'est collé la parade (Tu sais, ce moment magique où tous les adultes présents ont envie de se trouer la boîte cranienne avec une forreuse ? Bref...). La poulette était sur les épaules du barbare... Elle adorait : les princesses, la musique (Je reviens, je vais vomir...), les danseurs... Et puis un char est arrivé avec Mickey déguisé en magicien... Et là, en 2 secondes, j'ai vu toute la magie de l'enfance se concentrer en un seul cri (Au passage, les tympans du barbare ont également pu constater la force de la magie de l'enfance...), en un seul regard... Ce jour-là, à ce moment-là, j'ai pleuré (Quelques larmes, furtives que je me suis empressée d'essuyer...). Pas de joie, non ! Mais de voir tant de joie secouer un si petit être (Bon elle avait 5 ans la poulette mais c'est quand même une petite personne). J'ai pleuré de SA joie (Et aussi d'y avoir contribué).

Bref, j'ai 38 ans et j'ai pleuré de joie devant Mickey... 

 

Ce billet était ma participation au défi d'Agoaye, 53 billet en 2015.

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