10 février 2014
 

 Valeurs, éducation et Tutti frutti...

Jusqu’ici, j’ai entendu deux choses concernant l’éducation des enfants qui m’ont marquée profondément. La première, c’était que pour grandir un enfant avait besoin (de protéines) d’amour et de règles. J’étais étudiante et le monsieur qui m’a dit ça s’occupait de jeunes en décrochage… il avait aussi une petite fille qui était sourde. La surdité avait été diagnostiquée assez tardivement. La gamine apparemment faisait d’énormes crises et pour la calmer, le seul moyen que ce monsieur avait trouvé était de l’immobiliser dans ses bras et de la serrer avec tout l’amour dont un père est capable pour sa fille… de l’amour et des règles…

La seconde chose est un peu plus trash… elle m’a marquée aussi… en discutant avec un ami, il m’a dit qu’il “ne partageait aucune des valeurs que sa génitrice avait essayé de lui inculquer”. J’étais une toute jeune maman… et je peux t’assurer que ce genre de discours, ça calme méchamment…

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Je m’interroge beaucoup sur ma façon de voir les choses et de les appréhender… sur la manière dont je voudrais les transmettre à la poulette… parce que, ne te leurre pas, lectrice bien aimée, quand t’as un mouflet, fini l’insouciance oisive de l’action irréfléchie…  Bon j’vais pas te mentir non plus : la remise en question est une vieille amie… je n’ai pas été soudainement touchée par la grâce en expulsant du placenta… quoi ? le plus beau compliment qu’une femme puisse recevoir en accouchant n’est pas “Madame, vous avez un très beau placenta” ?? Heureusement, j’ai exquivé… sinon, j’aurais pu poliment répondre “merci monsieur”, “et avec ça, un sucre et du lait ?”, “Et ta soeur ?”... mais là, récente accouchée, je me suis concentrée sur la grâce… Soit, passons...

Bref, je réfléchis aussi pas mal (si, si ça m’arrive ^^) sur le monde qui m’entoure, sur les messages véhiculés par telle ou telle attitude ou propos, sur les valeurs en général.

Je pense avoir établi un idéal de valeurs : respect de soi et des autres, remise en question, esprit critique (oui, pour moi, c’est une valeur de ne pas être un consommateur passif)... soit, rien de bien compliqué ni de très original… mais j’aime bien me dire que j’essaye de respecter ces quelques points simples… Sinon, je te rassure, j’insulte copieusement les autres automobilistes… mais je sais que c’est mal (faute avouée, à moitié pardonnée, il parait ^^) et la poulette aussi...

Aujourd’hui, je fais ce que je peux en tant que maman… je gueule trop, “putain” est un mot de liaison chez moi (j’ai renoncé à faire un pot à jurons, sinon je payerais le resto à vie à toute la famille), je suis profondément imparfaite, je n’ai pas de trucs infaillibles… je doute et quand j’ai trop d’hésitation, je ne vais voir ailleurs comment on fait… je touille et j’adapte… mais je suis la mère de ma fille… pas sa pote, ni son instit… juste sa maman… je n’oublie ni l’amour, ni les règles… pas l’un ou l’autre mais l’un avec l’autre…

Et puis aussi, j’essaye de garder à l’esprit ce que mon ami m’a dit un jour… ça me rappelle que rien n’est acquis, que personne ne détient LA vérité, qu’on fait ce qu’on peut… et qu’il n’y a aucune garantie que cela fonctionne.

10 janvier 2014
 

 Meunier, tu dors... Et t'as bien de la chance !

Je dois avoir 8 ans, nous sommes en vacances avec mes parents dans un studio à la côte. Je passe une partie de la nuit enfermée dans la salle de bain à lire… des bouquins de la bibliothèques rose… mes parents dorment ronflent comme des souches… moi pas, régulièrement… surtout le samedi soir. Je dois être impressionnée par le choix du programme télé… des courts métrages d’Hitchcock… je suis née à une époque bien différente d’aujourd’hui : pas de ceintures de sécurité à l’arrière des voitures, pas d’interdiction de fumer dans les lieux publics (j’ai même connu les avions avec coins fumeurs… si, si… un autre siècle que je te dis !), pas de gsm (nan mais allo quoi, comment j’ai pu EXISTER sans mon extension smartphone ???)... pas non plus de programmes déconseillés au moins de 10 ans (enfin, je mens, je me souviens de films interdits aux enfants avec un carré blanc… mais c’était vraiment très très choquant ce qu’il y avait dedans… par exemple, à 12 ans, j’ai regardé l’Exorciste… s’en ai suivi une très longue période de mauvaises nuits… si, si). Bref, là n’est pas le propos…

Vers 10 ans, je passe des nuits entières à me retourner dans mon lit sans trouver le sommeil… j’ai changé de jour. Tu noteras que désormais, je ne dors pas le dimanche soir : j’ai tellement hâte de retourner à l’école primaire, ce havre de paix (pestes)...

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A 14 ans, le problème insomniaque s’installe la veille des examens… ces nuits blanches là, elles s’arrêteront vers 20 ans… entre temps, j’aurais épuisé tous ce qu’une pharmacie peut produire en relaxant aux plantes (nan ma bonne dame, je ne me bourre pas de xanax… moi mon truc, c’est les cocktails ! suis un peu !)... Sinon, hors session, je ne dors pas non plus… ce qui me permets, vers 16 ans d’épuiser TOUT Stephen King ET la bibliothèque familiale…

En fait, le problème ne s’est jamais vraiment arrêté… tout plus a-t-il été canalisé par de la sophrologie, de la valériane ou les programmes documentaires de la 5 (sans déconner, qui sait me dire pourquoi la voix qui présente les documentaires est toujours monocorde à ce point si ce n’est pour endormir des légions entières d’insomniaques à la dérive… depuis, j’ai découvert Marvel : agents of Shield qui est aussi efficace que la migration des marmottes lapones)

A 25 ans, je fais le ménage la nuit… Rigole pas hein ! j’avais pas la télé… Aujourd’hui (à peine 2 ans plus tard puisque j’ai à peine 27 ans… HAhaha ! tu la crois celle-là), une partie de mes journées fait 24 heures de veille. Pratique, je peux lancer des lessives, vider le lave vaisselle, faire des scores odieusement élevés à Angry Birds Winter Tournament (mes contacts FB me haïssent tous), papouiller mon chat, écouter le barbare ronfler, regarder Gaius Baltar détruire le monde pour la 3e fois ou décrocher le grade envié d’inspecteur principal dans Criminal Case… (j’ose pas tenter Candy crush, sinon je ne poserai plus jamais la tête sur mon oreiller à mémoire de forme… cherche pas, c’est l’oreiller le PLUS confortable du monde)...

En moyenne, je fais une nuit blanche par quinzaine… parfois plus, rarement moins… A partir d’une insomnie tous les 2 jours, je deviens un poil irritable… surtout quand je carbure au café pour tenir debout… mais là, j’ai pris des bonnes résolutions, donc je bois du thé… mais je suis toujours irritable… Les examens, l’école et ce cher Alfred, ont été rattrapés par la vraie vie : le boulot, le boulot et le boulot et aussi le choix d’un vernis à ongle assorti à mes chaussettes…  (il y a aussi eu une période où le barbare me réveillait en me collant sa main sur le nez en plein nuit… depuis j’ai exigé un immense lit et je me terre à droite, tout contre le bord…)

Allez hop, j’m’en vais me faire une camomille… (j’ai 70 ans en fait ^^)